Formation du 24 mars 2018 – Réduction des risques et des dommages.

20180324_163131 (2)ALCOOL ASSISTANCE 49 – 24 MARS 2018 – Centre Social de CHEMILLE

FORMATION « REDUCTION DES RISQUES ET DES DOMMAGES »

par  le Docteur Jean-Yves GAIGNARD 

                   FORMATION DES RISQUES ET DES DOMMAGES

REFLEXION des Participants sur ce que nous inspire la Réduction des Risques et des Dommages :

« on m’a aidé, juste retour »

« plaisir d’aller aux réunions »

« je suis un malade BIEN PORTANT »

« solidarité »

« place de l’entourage »

« ce sont les malades qui nous font avancer »

« modération-prise de conscience- contrôle-gestion de sa conso-rapport avec les autres »

« alcool refuge-alcool plaisir »

« choix de sa guérison »

« acteur de sa santé »

 INTRODUCTION

 

« Cela fait des années que l’on fait de la réduction sans savoir qu’on en faisait »

 

Le taux d’alcoolisation est en baisse mais c’est encore trop mou !

Un exemple de réduction des risques : baisse du taux d’alcoolémie autorisé au volant. 

Il y a des gens qui sont en risques et en dommages, mais qui ne sont pas dépendants.

La réduction des risques  est apparue dans les années 1980, lors l’épidémie de Sida chez les usagers injecteurs d’héroïne. Accompagnement des usagers pour qu’ils se piquent « proprement ».

LES USAGES DE SUBSTANCES PSYCHO-ACTIVES

Les niveaux d’usage de substances psycho-actives:

. Le non usage ou l’abstinence : primaire

                                                 secondaire.

. L’usage simple ou à faible risque : usage asymptomatique, inférieur aux seuils

recommandés.

. L’usage à risque : usage asymptomatique, pouvant entraîner des dommages.

. L’usage nocif : entraînant des dommages.

. La dépendance. 

La pyramide de Skinner  

-  dépendant 5%

-   usage nocif

-   usage à risque

-   usage sans dommage

-   non usage (abstinents)

Groupes sociaux qui décident d’être abstinents (ex Musulmans)

 

L’évolution des consommations d’alcool

On constate qu’il y a moins d’alcool au quotidien mais plus d’alcool fort, notamment chez nos jeunes

Développement de l’alcool défonce (binge drinking)

Poly-consommation : alcool, tabac et cannabis ( plus jeux et médicaments)

LES RISQUES ET LES DOMMAGES LIES A LA CONSOMMATION D’ALCOOL

En France on sous-estime ce phénomène : L’alcool est le produit le plus dangereux entraînant des dommages sanitaires et sociaux.

Sous- estimation par la population française des dommages de l’alcool. 

  1. risques aigus : Ivresse trop banalisée

Consommations aiguës et massives (coma, pancréatite aiguë, décès)

Poly-consommation

Phase de l’ivresse : Excitation – perte de contrôle – sommeil

risques chroniques (cumulatifs) :

  1. Pathologies somatiques et psychiques directement ou partiellement liées à l’alcoolisation.

    NB :Risque important tabac+ alcool (même après plusieurs années d’abstinence)

  2. risques sociaux :

    Conduite à risque sur la route

    Rixes et infractions

    Violences familiales

    Accident de travail, absentéisme. 

    Les seuils de risque de consommation :

  • Augmentation du risque de cancer dès la consommation moyenne d’un verre par jour. Institut National du Cancer

  • 2ème cause évitable de mortalité par cancer après le tabac en France, selon l’OMS.

    Populations les plus vulnérables : les jeunes, les femmes, les personnes ayant des troubles  psychiatriques, les personnes en milieu carcéral. 

    LA DEPENDANCE ALCOOLIQUE 

  • Désir puissant compulsif d’utiliser une substance psychoactive 

  • difficulté à contrôler l’utilisation de la substance (début ou interruption de la consommation ou niveaux d’utilisation) 

  • syndrome de sevrage physiologique quand le sujet diminue ou arrête la consommation d’une substance psychoactive 

  • mise en évidence d’une tolérance aux effets de substance psychoactive : le sujet a besoin d’une quantité plus importante de la substance pour obtenir l’effet désiré 

  • abandon progressif d’autres sources de plaisir et d’intérêts au profit de l’utilisation de la substance psychoactive et augmentation du temps passé à se procurer la substance, la consommer ou récupérer de ses effets

  • poursuite de la consommation de la substance malgré la survenue de conséquences manifestement nocives 

  • mise en évidence d’une tolérance aux effets de substance psychoactive : le sujet a besoin d’une quantité plus importante de la substance pour obtenir l’effet désiré 

  • abandon progressif d’autres sources de plaisir et d’intérêts au profit de l’utilisation de la substance psychoactive et augmentation du temps passé à se procurer la substance, la consommer ou récupérer de ses effets

  • poursuite de la consommation de la substance malgré la survenue de conséquences manifestement nocives 

LES INTERVENTIONS : « une approche graduée et progressive » Pr Reynaud Rapport MILDT

« Moins de 10% des patients ayant un problème d’alcool sont pris en charge » OMS

Des stades dans la démarche de changement :

  • Prise de conscience

  • Ambivalence « il faudrait peut- être… »

  • Décision

  • Action

  • Maintien « je commence à avoir des bénéfices » : L’abstinence peut devenir un choix, un mode de vie

    Balance décisionnelle (avantages et inconvénients de l’abstinence)

    Il faut trouver le chemin pour aller vers l’abstinence, il faut la cultiver, c’est une richesse

    La ré-alcoolisation altère le cerveau d’une façon plus importante, c’est plus violent 

    La réduction des risques : une alternative à l’abstinence

    DIMINUTION DE L’ALCOOL PETIT A PETIT, POUR ARRIVER AU FINAL A ZERO ALCOOL

  • 1er temps, réduction des risques

  • baisse de consommation entraînant une diminution des dommages

  • meilleure acceptation des soins

  • puis, une proposition d’arrêt des consommations de boissons alcoolisées et l’abstinence. 

    PRINCIPES GENERAUX DE L’ACCOMPAGNEMENT ET DES SOINS :

PAS DE SOIN EN ALCOOLOGIE SANS ACCOMPAGNEMENT

une alliance thérapeutique : bon feeling entre le malade et le professionnel

  • un suivi régulier

  • des soins et des médicaments spécifiques

  • l’entourage

  • l’entraide 

    CONCLUSION :

La réduction des risques :

  • intervenir plus tôt

  • élargir l’offre de soins

  • intervention précoce  (écoles, collèges et lycées). 

    ET AUSSI : 

    Dans l’alcool, la personne s’abandonne.

    Désinhibition : l’alcool enlève le trac, la timidité…

C’est l’usage du produit qui rend dépendant et non pas le produit

Pas d’hérédité. 

Soulager une crise : Devoir de protection (calmer sur le moment)

Changement: aller vers une autre étape

Tout commence à la sortie du sevrage (les médicaments aident mais ne guérissent pas)

Après une hospitalisation : Tout va bien, mais, tout commence.

L’abstinence c’est vivre autrement, ce n’est pas de la «sécheresse »

« Je ne sais pas pourquoi j’ai bu, mais je sais pourquoi j’ai arrêté de boire »

Tenir le lien, c’est le plus important ! même si c’est long…

Il faut accepter le temps de l’autre.

Vigilance

Il faut faire attention aux changements : retraites, décès, maladie, changement de travail ; car il peut y avoir une ré-alcoolisation…. 

Les malades doivent rassurer leur entourage. 

L’alcoolisation des personnes âgées est signe de souffrance.