Témoignage de Daniel Gondet.

TEMOIGNAGE Assemblée Générale 19 mars 2016

Le 3 juillet 2012, je rencontre mon médecin traitant et là je me décide enfin à lui parler de mes problèmes de dépendance à l’alcool, après près de 15 ans d’alcoolisation quotidienne et excessive. La date n’est pas anodine car c’est le jour anniversaire des 18 ans de ma fille.

Mon médecin me recommande le service d’addictologie de l’hôpital de Cholet ou l’association ALIA.

Le lendemain, je téléphone à l’hôpital qui me propose une hospitalisation pour le 12 septembre 2012.

L’ attente de 2 mois m’apparaît insupportable à gérer et je décide d’appeler ALIA. J ‘obtiens un rendez-vous pour la semaine suivante.

Là, je rencontre une infirmière très à l’écoute qui établit un bilan de mes problèmes et me propose un rendez-vous avec un médecin alcoologue, que je rencontre une semaine après.

Le médecin m’explique la démarche de la cure de sevrage ambulatoire, et je décide de la commencer fin juillet 2012, à l’occasion de ma première semaine de vacances.

Pendant cette semaine de sevrage, je suis reçu tous les jours à 10h, soit par le médecin, soit par l’infirmière. La cure est difficile à supporter avec une forte dose d’anxiolytiques, qu’il me faudra ensuite sevrer après le sevrage alcoolique. Conscient de ma fragilité, je demande au médecin d’ALIA les coordonnées d’un psychiatre et d’une association d’entraide. Elle me parle entre autres d’Alcool Assistance, anciennement Croix d’Or, que je connais car mon parrain défunt y a adhéré pendant plus de trente ans, avec réussite suite à un sevrage dans les années 70.

Après deux semaines de vacances en Bretagne et le décès de mon père à mon retour le 23 août 2012, je contacte d’abord la psychiatre qui me suivra pendant 9 mois. Je prends ensuite contact avec Auguste Charrier d’Alcool Assistance que je rencontre individuellement fin août car je tiens à connaître l’association avant de m’engager.

Début septembre 2012, je fais mon entrée à mon premier espace de paroles. J’y assiste assidûment depuis 3 ans et demi.

Quel a été le maillon bénéfique de tout ce réseau ? Pas un seul, mais tous bien sûr car ils se sont succédés avec une logique qui n’était pas si évidente que cela pour moi à l’époque.

Peu à peu, j’ai réussi à me reconstruire sans l’alcool, à retrouver ma liberté perdue, ma liberté de décider de mon chemin de vie, et non la prison morale et physique dans laquelle je m’étais enfermé avec l’alcool.

J’ai ainsi pu rencontrer début 2013 une femme avec qui je partage désormais ma vie. Nous nous sommes mariés le 27 septembre 2014.

Mes relations avec ma famille se sont progressivement améliorées et nous apprécions désormais de nous retrouver, alors que je m’étais exclu des fêtes de famille depuis de nombreuses années.

Au niveau de l’association , j’ai souhaité donner de mon temps et de moi-même, en remerciement de tout ce que j’ai reçu. Je suis membre du Bureau du Lieu d’Accueil de Cholet depuis novembre 2015.

En conclusion, après un recul de bientôt quatre ans, je peux mieux analyser cette chaine des soins que j’ai suivie, et ce chemin d’abstinence parcouru depuis :

- ALIA m ‘a permis de passer l’étape délicate mais souhaitée du sevrage. La psychiatre m’a permis de réaliser un travail sur ma problématique d’alcool, travail que je n’avais pas effectué malgré une longue thérapie de 18 ans liée à des souffrances d’enfance.

- Alcool Assistance m’a permis d’inscrire mon abstinence dans la durée, avec ces rendez-vous hebdomadaires des espaces de paroles qui sont devenus indispensables à mon équilibre et à ma nouvelle vie sans l’alcool.

Le sevrage ambulatoire n’est évidemment pas la voie la plus facile pour atteindre l’abstinence, mais ma motivation et ma détermination m’ont permis de surmonter cette difficulté de se retrouver seul chez soi pour affronter ces désirs et ces envies de consommer. Au-delà des moyens et des outils proposés, la détermination reste la clef essentielle de la guérison face à l’alcool.

DANIEL GONDET