Témoignage de Manu.

Mauvais cauchemar

L’alcool est apparu de façon abusive assez tard dans ma  vie. Après une enfance et une adolescence faites de brimades et de violences, un équilibre s’est établi à la rencontre de ma future épouse. Rien ne présageait l’apparition de l’alcool dans ma vie.

Il  est vrai que je faisais la fête, que dans mon métier de maçon l’alcool était présent, mais je gardais mes distances. Puis vint l’opération du dos, suivi de dix-huit mois d’incapacité de travail. La mort soudaine après six mois  de lutte de mon meilleur ami, mon frère que je n’ai pas eu, mon confident. Malgré le soutien de mes proches, ce fut l’engrenage : de la piste verte, la piste noire a vite pris la place, puis la destruction, l’auto-flagellation et enfin l’envie de finir, bref la mort… Il y avait urgence. Aidé de mon épouse et de mes enfants, de mon médecin ainsi que de DUDU que je rencontrais pour la première fois, le besoin urgent d’un sevrage fut évoqué puis mis en place.

Malheureusement bien que tout se soit bien passé dans les meilleures conditions, la rechute est intervenue trois mois après. Il fallait rebondir et vite. Ce fut fait dans la semaine qui suivit. Un deuxième soin et une post-cure de trois mois m’ont vraiment convaincu que le chemin de l’abstinence était celui que je devais suivre pour mon bien être et celui de mes proches qui ont toujours été à mes côtés. Je n’oublie pas les autres et surtout le corps médical toujours présent dans les bons et mauvais moments de cette maladie.

En étant abstinent, j’ai retrouvé ma liberté, la confiance des autres, mon envie d’aller de l’avant, d’entreprendre et de surmonter les difficultés que je n’osais plus regarder, que j’évitais volontairement. Je n’ai plus honte du regard des autres, bien au contraire, je pense être considéré comme un mec bien, un bon époux et un super papa, quelqu’un que l’on respecte et à qui l’on fait confiance. Je sui à l’écoute des autres et je fais de mon mieux pour les comprendre, les aider et parfois les conseiller dans les limites de mon savoir. Mais cela n’aurait pas été possible sans ma charmante femme, mes enfants et à l’association ainsi qu’aux membres qui la compose. Le besoin de communiquer a été pour moi la sortie de secours, la fin du tunnel qui assombrissait ma vie. C’est pourquoi mon besoin de liberté est aussi alimenté par les formations, l’envie d’apprendre sur la maladie et être armé pour mieux la combattre. La souffrance de certains, le désarroi et les indécisions des autres m’encourage à témoigner à l’hôpital afin de donner de l’espoir. Celui-là même qui m’a permis de surmonter les étapes qui mènent au bonheur. Ce dernier que je pensais à jamais enfui a rebondi dans ma vie et celle des autres. Je finirais juste ce petit témoignage en vous disant merci, merci à tous pour vos petites paroles, vos petits gestes intentionnés, vos encouragements peut-être anodins pour vous mais si précieux pour moi et surtout votre écoute de tous les instants.

ALORS, QUE DU BONHEUR ET VIVE LA LIBERTE.